Rencontres d’Arles : les points chauds (voire caniculaires)

in Découvertes et tendances/Exposition
The Anonymous Project, US, 1972

Arles va vous avaler tout cru si vous ne lisez pas le meilleur d’avant-le-début des rencontres d’Arles, avec le micro qui se tend vers l’équipe de Viens Voir.

On commence avec Silvy
Arles approchant à grands pas, il est temps de faire mon stock d’anti-moustiques et de préparer la liste de mes incontournables. Je vous fais l’économie de recopier les descriptifs d’exposition que vous pourrez lire sur l’application des Rencontres d’Arles.

Cette année j’entamerai donc ma semaine arlésienne par The Anonymous Project, The House à la Maison des peintres. Je me réjouis de plonger dans des histoires et des vies anonymes, le tout en couleurs Kodachrome.

Parce qu’Arles offre toujours un avant goût de vacances et parce que je collectionne les cartes postales depuis mon enfance, j’irai parcourir le monde dans un rectangle en papier au musée départementale Arles antique, où sera organisée l’exposition Cartes postales – Nouvelles d’un monde rêvé.

Nous nous croiserons certainement au Ground Control ou je vous propose de découvrir le projet « The Skeptics, Relics of Technological Goddess » et le regard décalé et plein d’humour de David de Beyter.

©David de Beyter / The Skeptics

Enfin, groupie assumée de la photographe Susan Meiselas, je ne manquerai pour rien au monde l’exposition collective des travaux de cette dernière, aux côtés de ceux d’Eve Arnold et d’Abigail Heyman à l’Espace Van Gogh.

PS :
Ecrire cette liste, c’est comme faire une valise : on met d’abord les essentiels et puis on fait en sorte de trouver le moindre recoin d’espace pour ajouter tous les autres indispensables. Alors voici une liste non limitative de mes autres indispensables : Stacy Kranitz et de Kurt Tong (au Ground Control) et Lei Lei (aux Forges), sans oublier l’exposition « La zone aux portes de Paris » (espace Croisière).

Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Histoire d’un photographe pyromane, « Wonder Beirut » #22, 1998-2007. Avec l’aimable autorisation de la Galerie In Situ, Fabienne Leclerc.

 

Oleñka dixit :

Nous y sommes !

L’année marque son équinoxe lorsque nous dépoussiérons le chapeau de paille, achetons les bracelets anti-moustiques, et nous précipitons vers le train qui nous conduit aux Rencontres d’Arles…  Cette année, entre autres bagatelles, j’étudierai et vous raconterai aussi  dans quelle mesure les Rencontres sont adaptées aux bébés :  y aura-t-il une table pour changer les couches ? Des espaces pour s’asseoir et nourrir les plus petits ? Etc…

©Miguel Trillo. Madrid 1984

 

Ce qui est sûr c’est que pour les amateurs de livres photo, ces Rencontres seront bien chargées – nous espérons pouvoir tout couvrir malgré cette offre énorme. Retenez que Cosmos Arles Books s’appelle désormais le Temple Arles Books : cet endroit où plus de 60 éditeurs dévoileront leurs perles. A noter une grande présence latino-américaine menée par La Hydra (ce projet éditorial dont je vous ai déjà parlé en décembre), mais ne manquez pas non plus les livres de Chose Commune, les surprenants livres-disques de Ikki et passer aussi saluer les gens de Classe Moyenne… Mais, attention, Cosmos n’a pas disparu et présentera également un groupe d’éditeurs avec différentes activités, signatures, apparitions. Allez voir notamment les livres de Anomalas ou VOID. Et si ce n’était pas suffisant, n’oublions pas Summertime, un lieu de rencontre entre Arnaud Bizalion, Filigranes, Le Bec en l’air et Loco.
Évidemment cette année, je ne manquerai pas de parcourir les maquettes du Luma Rencontres Dummy Book Award, dont les candidats photographes nominés sont beaucoup plus connus que dans les éditions précédentes…
Concernant les expositions, je suis très intéressée par trois propositions recueillies au sein de la Séquence Mon corps est une arme, un sujet qui me passionne vraiment. J’ai très envie de découvrir le travail d’Evangelia Kranioti, avec Les Vivants, Les Morts et ceux qui sont en mer (chapelle Saint-Martin du Méjan), ainsi qu’Evokativ de Libuse Jarcovjáková (église Sainte-Anne). Et bien sûr, je veux savoir ce qu’on va pouvoir nous raconter de nouveau sur La Movida (Palais de l’Archevêché).
Enfin, je surveillerai attentivement le résultat du montage de la gagnante du prix du Dummy Book 2018, Marina Gadonneix et ses Phénomènes. Le sujet me parait fascinant, mais à l’époque la maquette ne faisait pas partie de mes favorites ; on verra si dans cette exposition, Marina Gadonneix parviendra à me conquérir.

 

Bruno

Deux expositions du In me font particulièrement saliver puisqu’elles traitent de deux sujets qui me passionnent.
D’abord celle intitulée Photo / Brut, collection Bruno Decharme & Compagnie.

On voit que les commissaires ont ici pris soin de ne prendre l’expression « photo brute » qu’avec des guillemets ou des pincettes. J’ai écrit à de multiples reprises sur ce thème (sur OAI13 pour commencer,ici et
ici, dans le catalogue BRUT NOW, l’art brut au temps des technologies, de la séminale exposition orchestrée par Christian Berst à Belfort en 2016, enfin sur Viens Voir).

La problématique de cette fameuse photo brute me semble toujours la même : plutôt que de trancher quant à savoir si le médium est prêt ou pas à recevoir l’appellation contrôlée, il est plus intéressant de se pencher sur ces oeuvres dites brutes utilisant la photographie (laquelle, ne l’oublions pas, est protéiforme). Et d’explorer alors le champ artistique esquissé par ces oeuvres. Ce faisant, il s’avèrera que ce champ ne s’articule pas, comme celui des arts plastiques, parallèlement au champ officiel, mais dresse une constellation d’étoiles plus ou moins brillantes à la marge du soleil qu’est la photographie des artistes identifiés et reconnus. Avec, bien sûr, le risque de s’apercevoir un jour qu’une étoile, qu’on croyait de petite taille parce que vue de très loin, peut se révéler plus grosse que le soleil.
Nous irons donc observer les étoiles. à la Mécanique Générale.

Je me demande parfois si le public des Rencontres ne passe pas à côté de la richesse historique de l’Arles antique. L’exposition « Cartes postales, nouvelles d’un monde rêvé » sera l’occasion de pallier à ce manque puisqu’elle se tient au Musée départemental de L’Arles antique. Le visiteur sensible à l’histoire des formes se délectera de la collection de sarcophages romains, de la pièce unique qu’est le chaland retrouvé dans le Rhône, et de la magnifique mosaïque d’Aion. Il n’y a pas que de la photo à Arles, et on la regarde d’autant mieux que l’on sait s’en éloigner un peu, c’est ma conviction.

Mais revenons à la carte postale. Pour beaucoup d’entre nous, elle est certainement l’une des formes de la photographie (et de l’art) que nous avons le plus côtoyée, et ce depuis notre enfance. Donc, forcément, un support d’imagination. De son esthétique neutre (ce qui ne saurait être un objectif aisé à atteindre) à son humour raffiné (et la métaphore facile n’est pas qu’une spécialité franchouillarde), elle a inspiré de nombreux artistes.
Et je me souviens d’une soirée orchestrée par Annakarin Quinto dans le cadre du festival Photo Saint-Germain, où nous avions accueilli sur ce thème, entre autres, Valérie Mrejen (elle est dans l’expo) et Farah Khelil (elle n’est pas dans l’expo et on le regrette tant son projet Mare Medi Terraneum nous touche par son évidence et sa subtilité). Je ne voudrais pas oublier non plus les délicates cartes de Archived World de Carla Cabanas, ni le livre Greetings from Auschwitz, saisissante plongée dans la vision des visiteurs du camp dans les années des débuts de sa muséification (merci pour cette découverte, Annakarin).

Le Cimetière des Vivants ©Oleñka Carrasco

 

 

Et last but not least, dans le off, nous ne manquerons pas l’exposition de notre photobookista Oleñka Carrasco, mystérieusement intitulée « Le cimetière des vivants », et qui se tiendra jusqu’au 7 juillet au 17 rue Barrème, vernissage le 3 à 18h30. Vous pourrez y retrouver l’équipe de Viens Voir !